woyoLe tempo du Festival International du Zouglou (FIZ) a été donné depuis le jeudi 29 avril 2010, à la salle Niangoran Bouah du palais de la Culture de Treichville. L’acte 1 de la journée d’hier a été la conférence débat autour du thème « Rôle du zouglou dans les changements socio-politiques en Côte d’Ivoire de 1990 à nos jours ». Une conférence animée par Valen Guédé avec à ses côtés, Guedeba Martin le modérateur et Angelo Kabila. Selon lui, l’idée d’internationaliser la nuit du zouglou, aujourd’hui FIZ, avait un « objectif noble ». Celui de donner la possibilité et les moyens aux artistes de se propulser au devant de la scène internationale. Pour le sponsor Orange, représenté par Christian Obrou, sa contribution au Festival lui donne une haute dimension. Paraphrasant le slogan de la société de téléphonie, Christian fait comprendre qu’il s’agit d’aller plus loin ensemble dans la promotion du zouglou avec le FIZ. Le Ministère de la culture et de la Francophonie représenté par Kossonou Paul-Marie tout en justifiant un soutien « doctrinal et opérationnel », a annoncé une journée spécifique du zouglou en Côte d’Ivoire. Le musicologue Valen Guédé, après avoir donné une définition du genre musical, le zouglou, soutenu par des rythmiques et des tambours, a fait un bref historique du zouglou. Né à une période charnière du développement social en Côte d’Ivoire marqué par le multipartisme, la création des syndicats et autres associations, et des journaux. Dans ce climat « d’effervescence démocratique », le zouglou qui a un côté « idéologique et formateur » a tenu, rappel Valen Gudé, un discours direct et accessible à tous à travers un « messageble_goud_zougloutique » guidé par une « mouvance revendicatrice » : « Dire ce que pense le peuple et la transmettre aux tenants du pouvoir ». Pour l’ex président du Conseil d’administration du BURIDA, le zouglou qui est « le terreau de la prise de conscience nationale » deviendra une musique nationale en faisant reculer les musiques habituellement écoutées et s’imposera aux « mentalités collectives. De par son « armature mélodique », le zouglou « terrain de fermentation de l’abri de conscience nationale » est devenu, souligne Valen Guédé, le porte-flambeau de la Côte d’Ivoire. Mettant en rapport zouglou et politique, Valen Guédé indique que le chanteur ouvre un champ mais le politique qui écoute certes le zouglou, n’est pas obligé de l’appliquer. Cependant, quand le « politique n’écoute pas, on en arrive à un clash », a ajouté Guédéba Martin. Le modérateur, par ailleurs artiste comédien et formateur, souligne que l’artiste joue un rôle de prévention « tout en sachant que cela ne sera pas une panacée ». Encourageant à toujours tenir la flamme du zouglou, Guédéba Martin dit : « ce n’est pas parce que les politiques ne vous écoutent pas que vous allez arrêter. Le peuple vous écoute ». Ainsi, le public, premier soutien du zouglou, a assisté à la Place Inch’Allah de Koumassi, au concours de wôyô. Le samedi 1er mai, a lieu au palais de la culture, le concert VIP suivi le dimanche du concert grand public, à l’Espace Bernard Dadié, salle Anoumabo. Petit Denis, Soum Bill, Boby Yodé, Sur choc, et bien d’autres artistes résidents en Europe sont à Abidjan pour le FIZ. Un festival qui met en exergue les précurseurs du zouglou, la génération intermédiaire et la nouvelle génération. Tous sont mobilisés pour ces spectacles qui leur permettent de renouer avec leur public.
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